A PROPOS DE
Ma femme, cette animale
LE MATRICULE DES ANGES – sept 2024

REVUE DISSONANCES #47
Coup-de-cœur d’Anne VIVIER
« C’est le printemps, un baiser court parmi les feuilles. » Difficile d’écrire sur la beauté. Le livre refermé, on n’a pas vraiment envie de lui ouvrir les tripes pour en comprendre le charme. Au plus le humer, picorer quelques lignes, le refermer, le regarder. Tout comme cet amoureux qui regarde vivre sa femme, et qui pose quelques mots sur cet être fascinant. Car cette femme tisse avec le règne animal de très étranges jonctions, par son art du camouflage, son ombre sanglier ou la trace laissée par un de ses pieds dans la neige. « Ma femme et moi ne vivons pas les mêmes chaos. » Il n’est pas question d’apprivoiser l’animale mais d’essayer de la comprendre, de l’accepter dans toute son altérité et sa porosité à la nature, de se lover dans son univers comme parfois elle se love au creux du vallon pour dormir à la belle étoile. « Sans ma femme, je ne distinguerais pas la silhouette des animaux qu’elle admire. » Pourtant, malgré tout, cette femme reste l’autre, une autre parmi les autres, ces animaux dont elle fait partie mais dont elle n’est pas. Comment alors réussir à faire le deuil d’être l’autre mais de réussir à communiquer avec lui ? « Je ne pose pas ma femme en être de mystère, toutefois j’éprouve une incompréhension devant son intérêt pour les pigeons. » Si on ne peut pas être l’autre, on peut essayer de travailler avec lui et faire de l’animal déconsidéré un médiateur essentiel dans la vie du couple.
Hélène Lanscotte dresse le portrait sensible de cette femme libre et reliée au vivant, entre l’insaisissable Palafox d’Éric Chevillard et le retour au sauvage de La femme changée en renard de David Garnett. Une poésie actuelle, frémissante, drôle, sensible, en prise avec le monde.
https://revuedissonances.com/lanscotte-helene-ma-femme-cette-animale/
Magazine MARIANNE.NET –
Publié le 08/03/2024
« Ma femme, cette animale » d’Hélène Lanscotte : une poésie de l’altérité amoureuse
Par Ella Micheletti
Pétri de bucolisme et de romantisme, le recueil de poésie en prose « Ma femme, cette animale » (Cheyne) d’Hélène Lanscotte recèle des trésors de style et d’audace pour brosser le portrait de l’Aimée.
Le mystère d’Autrui sera-t-il jamais résolu ? Et surtout, doit-on réellement percer son insondabilité pour continuer de l’aimer ? Autant de questions qui animent l’Homme et trouvent des fragments de réponses dans le recueil de poésie en prose Ma femme, cette animale. Dernière perle des éditions Cheyne, l’ouvrage, signé Hélène Lanscotte, explore les tréfonds du regard amoureux et de l’identité mouvante voire schizophrénique de l’être cher.
Sans être jamais nommée explicitement, renonçant volontiers à une appellation humaine, l’héroïne se fait liane ondoyante sous le terme générique de « ma femme ». D’ailleurs, le narrateur s’interroge : « La nommer comble-t-il l’écart entre elle et moi ou au contraire favorise-t-il les distances ? ». Dans la sphère amoureuse, l’emploi des petits noms participe sans nul doute à la formation d’une bulle opaque et hermétique au reste de l’humanité. Le temps passant et avec le développement du couple, l’utilisation du prénom officiel, miroir de l’identité sociale connue et saisissable par tous, devient paradoxalement choquante pour les deux parties : « Je prononçais à haute voix son nom, lentement, avec toute la pensée d’une première fois. Surprise, elle m’a regardé comme si j’énonçais le nom de quelqu’un d’autre. »
Entre deux mondes
« Ma femme » quitte aussi le champ de la simple humanité avec fracas, en raison de sa symbiose avec la nature et les animaux. De « Vénus du Paléolithique » qui « me prend entre ses bras ronds, ses cuisses charnues, jusqu’à m’étouffer, enivré », elle devient « tendre prédatrice », un « chat qui, à peine la patte dehors se défait de sa domesticité ». Elle « détale », « marque un territoire » dans lequel elle laisse entrer l’homme qui l’aime, se donne l’espace d’un intense instant tout en pouvant s’échapper la minute suivante. Son univers n’est jamais entièrement pénétrable, simplement car « autrui est ce que moi je ne suis pas », comme l’affirmait Emmanuel Levinas.
Même son corps, terrain des effluves mélangées et des jouissances partagées, peut devenir étrange, étranger. Un soir, explique le narrateur, il « émet une odeur puissante, inhabituelle. Une odeur complexe, capiteuse […] Je n’ai jamais senti d’assez près une lionne, une biche, et encore moins une louve pour identifier une quelconque correspondance – en revanche, je sais que sa peau n’exhale en aucun cas l’ovin ou le caprin ». Cette métamorphose fait que « ma femme existe plus que jamais ».
Mais la plus grande force du recueil d’Hélène Lanscotte réside sûrement dans son art de la formule « absolutiste » (« ma femme vit dans l’air que je respire », « je me promets de ne pas renoncer à sa présence ») de l’amour. À une époque marquée par le culte du changement et les précautions permanentes face au risque de l’échec amoureux, un tel appel à « brûler des questions » (Antonin Artaud) au contact de l’Autre fait figure de miracle salutaire.
SITE POESIBAO
TERRES DE FEMMES
terresdefemmes.blogs.com
une lecture critique de Ma femme, cette animale par Angèle Paoli
A PROPOS DE FRINGALES

. 20 juillet – une annonce-lecture FIP par Audrey Stupovski
. 7 juillet – Magazine FLOW
. 2 Mars – Magazine Service Littéraire, quelques lignes dans la rubrique « On trouve ça bien », page 2, de Bernard Morlino
. 15 février – article de Maryse EMEL sur le site NONFICTION, « Mettons-nous à table » https://www.nonfiction.fr/article-10200-mettons-nous-a-table.htm
. Janvier – POINT DE VUE, p 22- Quelles plumes/Spécial rentrée littéraire d’hiver

. Janvier – Magazine Voici
